Le statut LMNP offre deux régimes fiscaux aux propriétaires de biens meublés : le micro-BIC et le régime réel. Le choix entre les deux ne se résume plus à une simple comparaison de charges déductibles. Depuis la loi de finances pour 2025, la réintégration des amortissements dans le calcul de la plus-value à la revente change profondément l’équation. Voici les éléments factuels pour arbitrer.
Réintégration des amortissements LMNP : la règle qui change tout depuis 2025
Les concurrents présentent souvent le régime réel comme le choix évident grâce à la déduction des amortissements. Cette lecture est désormais incomplète.
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Depuis le 15 février 2025, les amortissements déduits sont réintégrés dans le calcul de la plus-value immobilière lors de la cession du bien. Concrètement, le prix d’acquisition retenu pour déterminer la plus-value est diminué du montant des amortissements effectivement pratiqués. Le gain fiscal obtenu chaque année pendant la détention se retrouve partiellement repris à la sortie.
Un point souvent mal compris : la date d’acquisition du bien n’a aucune importance. C’est la date de vente qui déclenche l’application de la règle. Des amortissements déduits avant 2025 sont concernés si la cession intervient après le 15 février 2025. Cette rétroactivité de fait oblige à recalculer la rentabilité du régime réel pour tous les biens déjà en portefeuille.
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Le texte de référence est l’article 84 de la loi de finances pour 2025, qui modifie l’article 150 VB du Code général des impôts.

Micro-BIC ou régime réel LMNP : les seuils et abattements actuels
Le régime micro-BIC s’applique automatiquement sous certains seuils de recettes annuelles. Pour les locations meublées classiques (longue durée, chambres d’hôtes, meublés de tourisme classés), le plafond est fixé à 77 700 euros de recettes annuelles. Pour les meublés de tourisme non classés, ce seuil descend à 15 000 euros.
Les abattements forfaitaires varient selon le type de location :
- 50 % pour les locations meublées de longue durée, les chambres d’hôtes et les meublés de tourisme classés
- 30 % pour les meublés de tourisme non classés (abattement fortement réduit par rapport aux années précédentes)
- Un minimum de 305 euros d’abattement dans tous les cas
Le régime réel permet de déduire les charges réelles (intérêts d’emprunt, taxe foncière, frais de gestion, travaux) et de pratiquer l’amortissement du bien et du mobilier. Pour y accéder quand on relève du micro-BIC par défaut, il faut exercer une option auprès de l’administration fiscale.
Régime réel LMNP : pour qui reste-t-il pertinent après la réforme ?
La réintégration des amortissements ne rend pas le régime réel obsolète. Elle impose une analyse plus fine, liée à la durée de détention envisagée et au profil du bien.
Le régime réel conserve un avantage net pour les propriétaires qui prévoient de conserver leur bien sur une très longue durée. Les abattements pour durée de détention sur la plus-value (exonération totale au bout de 22 ans pour l’impôt sur le revenu, 30 ans pour les prélèvements sociaux) viennent atténuer l’impact de la réintégration. Plus la détention est longue, plus l’économie d’impôt annuelle s’accumule tandis que la plus-value taxable fond.
En revanche, pour un investisseur qui envisage une revente à moyen terme (moins de dix ans), l’avantage du régime réel se réduit considérablement. L’économie d’impôt annuelle obtenue grâce aux amortissements peut être largement compensée par le surplus de plus-value imposable à la cession.
Résidences avec services : une exception notable
Certaines catégories de biens échappent à la réintégration des amortissements. Les résidences étudiantes, les résidences seniors et certains établissements médico-sociaux ou de soins de longue durée bénéficient de cette exclusion. Les résidences de tourisme et d’affaires ne sont pas concernées par cette exception.
Pour un investisseur en résidence étudiante ou senior au régime réel, le calcul reste donc celui d’avant la réforme : les amortissements réduisent l’imposition annuelle sans alourdir la plus-value future.
Simulation LMNP : les variables à intégrer avant de choisir son régime fiscal
Le bon régime fiscal dépend d’un croisement de paramètres propres à chaque situation. Comparer uniquement le taux d’abattement du micro-BIC au montant des charges déductibles au réel ne suffit plus.
- Le montant des charges réelles et leur proportion par rapport aux loyers : si les charges représentent moins de la moitié des recettes, le micro-BIC peut être plus avantageux
- La durée de détention prévue : au-delà de 22 ans, la réintégration des amortissements perd de son impact sur la plus-value
- Le type de bien : résidence avec services exclue de la réintégration, ou location classique soumise à la nouvelle règle
- Le montant de l’amortissement annuel estimé par rapport au gain réel sur l’imposition courante
Un propriétaire dont les charges réelles (hors amortissement) dépassent déjà l’abattement forfaitaire du micro-BIC a intérêt au régime réel, même sans tenir compte de l’amortissement. L’amortissement devient un bonus, pas le seul argument en faveur du réel.

PLF 2027 et LMNP : ce qui se profile
Le projet de loi de finances pour 2027 prévoit un plafonnement des amortissements déductibles en LMNP pour les meublés de tourisme. Les discussions parlementaires visent à limiter davantage l’avantage fiscal de la location saisonnière par rapport à la location longue durée. Les députés ont exprimé la volonté d’épargner la location meublée de longue durée de ce tour de vis supplémentaire.
Le cadre fiscal du LMNP n’a pas fini d’évoluer. Toute simulation réalisée aujourd’hui doit intégrer l’hypothèse d’un durcissement futur des règles d’amortissement, en particulier pour les meublés touristiques. Un choix de régime fiscal figé sur les règles actuelles sans marge de manœuvre expose à des déconvenues lors de la prochaine loi de finances.

